![]() |
![]() |
L'ART
Les Beaux-arts
Les premiers témoignages artistiques en Sicile sont les peintures rupestres, datant de 9 000 avant Jésus-Christ, découvertes sur l'île de Levanzo.
Des tombes, des sculptures et des céramiques, retrouvées dans la région de Trapani, attestent de la rpésence d'artistes phéniciens dès le IXème siècle avant Jésus-Christ.
Mais ce sont les Grecqs qui, incontestablement, marquent le plus la terre sicilienne. Leurs temples et leurs théâtres sont indissociables du paysage qu'ils utilisent comme scène de théâtre.
Le temple sicilien est généralement rectangulaire, entouré sur les quatre côtés d'une colonnade.
La partie la plus important du temple est le naos (ou cella pour les Romans), coeur de l'édifice où était gardée la représentation de la divinité.
Juste avant le naos, le pronaos était la petite chambre où les fidèles accédaient pour apporter leur offrandes.
Contrairement aux temples grecs classiques, le temple sicilien est beaucoup plus fermé. Aisi, l'Adyton, espace clos où les prêtres conservaient les dons précieux, eremplace de traditionnel opisthodome, ouvert sur l'extérieur.
Le péridrome, couloir où avaient lieu les processions, est situé entre le péristyle (les colonnes) et le naos.
L'autel des sacrifices est à l'extérieur du temple, devant le frontons triangulaire.
La plupart des temples siciliens correspondent à l'ordre dorique. Les colonnes présentent des cannelures régulières sur toute leur surface. Les chapitaux, constitutés d'une échine circulaire et d'un abaque carré, sont austères.
Cependant, les temples grecs de Sicile ne sont pas uniformes. Chaque région, chaque éthnie a apporté ses variations. Le temple de Ségeste, par exemple est très particulier : ses colonnes sont lisses et le péristyle est construit autour d'un autel en plein-air, ce qui fait croire à de nombreux archéologues qu'il était inachevé
De même, le temple de Zeus à Agrigente et le temple G à Sélinonte, de par leur dimensions se distinguent des canons classiques de l'art grec
Les théâtres
L'origine du théâtre est religieuse. Dans la Grèce antique, on ne va pas au théâtre pour se distraire mais pour s'éduquer. Au départ, les spectacles sont muets.
Avec l'apparition de la parole, il a fallu concevoir un lieu favorisant une bonne acoustique. Le théâtre passe alors de la forme circulaire ou rectangulaire à celle semi-circulaire.
Les spectateurs s'assoient sur des gradins de pierre, le koïlon (la cavea romaine), creusés à flanc de colline. Les secteurs (cunei) sont délimités par des escaliers. Dans le bas du théâtre, l'orchestra circulaire accueille le choeur. Les acteurs évoluent sur une estrade (le cogeion ou proskenion). Derrière, un édifice bas (la skene) abrite les loges et les coulisses.
Le théâtre grec, contrairement au théâtre romain, est toujours ouvert sur l'extérieur.
![]() |
Pour les Grecs, en effet, il était primordial de " préparer " émotionnellement le public afin de le convaincre plus facilement. C'est pourquoi les théâtres sont toujours situés face à des sites magnifiques, qui constituent à eux seuls un décor majestueux
l'apport des Romains
Les Romains, eux, avaient une conception opposée du théâtre : l'action et les acteurs devaient occuper toute l'attention des spectateurs. C'est la raison pour laquelle ils utilisèrent des lieux fermés, en construisant des amphithéâtres, des odeion (théâtres ronds et clos réservés à la lecture et aux concerts) ou, comme à Taormine, en murant la partie du théâtre donnant sur l'extérieur.
Pour permettre les jeux de cirque, organisés dans les amphithéâtres, la partie centrale est isolée de la cavea par un mur épais, le podium, sous lequel est située une galerie.
Les Romains ne laissèrent pas que des théâtres en Sicile.
Ils construisirent aussi de splendides demeures de villégiature sur ces nouvelles terres de l'Empire. La villa Casale de Piazza Armerina en est le plus beau témoignage.
L'art Byzantin
L'art byzantin a profondément influencé toute l'histoire de l'art de la Sicile.
Pendant des siècles, les artistes, notamment à l'époque normande, s'en inspireront directement.
Mêlant harmonieusement la sensibilité orientale, centrée sur la spiritualité et l'intériorité de l'être, et la culture occidentale, il a été une véritable révolution artistique
En peinture, on peut dater de cette époque le passage du naturalisme figuratif à l'abstraction stylistique et à l'emploi du symbolisme.
De même, il marque l'apparition du monothéïsme et la disparition du paganisme comme thème central.
Bien que présent dans les édifices privés, c'est dans le domaine religieux qu'il s'épanouit.
Les églises byzantines, dont le plan est en carré, sont facilement reconnaissables avec leurs dômes massifs, leurs flèches, leurs arcs-boutants.
Quelquefois, les basiliques ont été édifiées sur d'anciens temples doriques. La cella constituait alors le centre de l'édifice et des arcades étaient percées dans ses murs
On a, en outre, retrouvé en Sicile des mosaïques de l'époque byzantine, que l'on peut admirer à Palerme dans le Palais Abatellis ou à Syracuse au Palais Bellomo.
Malheureusement, les Arabes, fascinés par l'art byzantin, ont pillé la Sicile. L'art musulman fut une continuation naturelle de l'art byzantin. En arrivant en Sicile, les émirs se firent construire des mosquées et des palais dont les jardins odorants, colorés et rythmés par le bruit des fontaines avaient un gût de paradis.
L'artchitecture s'enrichit d'éléments décoratifs comme les stucs ciselés, les balcons en surplomb, les plafonds ornés de stalactites...
Les motifs, eux aussi, évoluent : arabesques, étoiles, losanges, dentelures...
C'est à Palerme que les traces de l'art musulman sont les plus importantes. le plan de la ville, tout d'abord, est typiquement arabe.
La plupart des vestiges sont visibles dans le Palais Abatellis. Il ne faut pas manquer non plus d'admirer la magnifique portre sculptée de la Martorana ou de s'étonner de l'inscription coranique au sein même de la cathédrale.
La synthèse normande
"Quand les Roger et les Guillaume voulurent se bâtir des palais, des maisons de plaisance, des chapelles, des abbayes, ils eurent recours aux architectes et aux maçons arabes qui naturellement leur firent ce qu'ils savaient faire. Les décorateurs byzantins brochèrent sur le tout"
C'est Ernest Renan, dans "Vingt jours en Sicile", qui décrivit ainsi la synthèse réalisée par les Normands dans le domaine artistique.
Respectueux de l'art byzantin et arabe, mais baignés d'influence campanes, françaises et lombardes, l es souverains normands ont permis l'émergence d'un courant artistique spécifique
Dès leur arrivée, les Normands insufflent une activité artistique intense. Véritables bâtisseurs, ils élèvent de nombreuses églises, des monastères et des châteaux.
Inspirés de l'architecture monastique, notamment de Calabre, leurs édifices puisent largement dans le répertoire byzantin et arabe
Cette dernière influence est patente dans les églises palermitaines de San Giovanni dei Lebbrosi et de San Giovanni degli Ermiti entre autres, et dans les palais (la Ziza, Palais royal, la <cuba...)
Les cathédrales d'Agrigente, de Sciacca, de Catane, de Messine et surtout de Cefalu et de Monreale sont postérieures et datent du règne de Guillaume 1er
Dans ces nouveaux monuments, la structure architecturale reprend un schéma latin plus classique et révèle des influences campanes. La mosaïque de la cathédrale de Monreale, par exemple, qui est la plus grande jamais réalisée dans une église, est l'oeuvre d'artistes byzantins, mais elle rappelle celle de l'église de Sant'Angelo de Formis, en Campanie
La chapelle Palatine de Palerme, avec sa structure à coupoles posée sur un corps basilical à trois nefs, ses splendides mosaïques byzantines et le plafond arabe de sa nef centrale, est l'exemple parfait de cette union de styles
Les rois normands firent également construire de nobmreux châteaux. Ces rédidences, à l'allure de forteresse, au plan quadrangulaire et aux volumes de type arabe, introduisent pour la première fois en Sicile des éléments gothiques apportés par les ouvriers cisterciens
Le Style chiaramontain
La décadence sicilienne commence dès le XIVème siècle. Sur l'île, le pouvoir est entre les mains des barons.
Une famille va s'imposer plus que toute autre : les chiaramonte.
Originaires de France, les Chiaramonte ont voulu prouver leur puissance en bâtissant de nombreux châteaux
Les style chiaramontain s'est ensuite diffusé dans toute la Sicile.
L'héritage arabo-normand s'enrichit de références aragonaises, catalanes et toscanes. Les résidences ont toujours l'aspect d'une forteresse, mais les murs extérieurs s'ouvrent sur de belles fenêtres soulignées par des arcs brisés et de fines colonnes.
La fin du XVème siècle voit l 'avènement d'un architecte de génie, Matteo Carnelivari, qui construit, entre autres, les Palais Abbatelli et Aiutamicristo et l'église de la Catena. Carnelivari est considéré comme le premier architecte de la Renaissance en Sicile