PROVINCE DE PALERME

 

La splendeur de Palerme

Capitale de la Sicile, celle que les Phéniciens appelaient Ziz, la fleur, était jadis célèbre pour sa splendeur.

Certaines des mille richesses de cette belle cité tombent en ruines. Entre deux merveilles architecturales et des jardins luxuriants, vous verrez des façades décrépies et parcourrez des rues sordides.

Mais ce mélange de grandeur et de décadence ne fait-il pas précisément le charme de Palerme ?

Alexandre Dumas écrivait : "elle est à la fois poétique comme une sultane, gracieuse comme une française, amoureuse comme une andalouse".

et il parlait de "molle courtisane qui n'a jamais de force que puor une éternelle volupté".

Et Rita, palermitaine, résume : "C'est un vrai bric à brac. Il n'y a pas de chemin privilégié pour pénétrer dans ce dédale, Palerme se découvre petit à petit, se désire, cachant sa beauté dans des lieux écartés et secrets".

Au fil du temps

Habitée dès la préhistoire, Panormus ("tout port"), appelée de la sorte à cause de sa profonde baie qui y permettait l'abordage, devient une ville punique en 480 avant Jésus-Christ.

Place forte carthaginoise puis, en 253 avant Jésus-Christ, colonie romaine très prospère, Palerme ne conserve de l'Antiquité que la quartier de la Cala, le port d'origine.

Après les invasions des Vandales, des Goths et des Ostrogoths, les Arabes s'emparent de la ville de 831 à 1072 et en font une véritable métropole où se cotoie une population cosmopolite : commerçants lombards et surtout juifs, architectes grecs, artisans turcs ou syriens, esclaves noirs...La ville comptait trois cents mosqu"es et était couverte de palais - comme la Ziza -, de châteaux, de pavillons de chasse, de magnifiques jardins exotiques.

Sous la domination normande de 1072 à 1194, noeud commercial entre l'Europe et l'Asie, Palerme connaît un rayonnement artistique.

Electrique, l'architecture concilie les styles mauresques, romans et byzantins comme en témoignent par exemple le Palais royal, la chapelle Palatine, l'église de Martorana et de duomo de Monreale.

En 1189, Plaerme passe aux mains des Souabes, Frédéric II y installa sa cour, et elle devint une cité culturelle et scientifique.

Pendant la période angevine, ensuite, Palerme perdit sa place de première ville du royaume en faveur de Naples.

Avec la révolte des Vêpres siciliennes, elle redevint prospère sous les Aragonais, puis les Espagnols. A cette époque, la vieille ville fut réaménagée dans le style baroque.

Le labyrinthe arabe fut percé par de larges avenues dont certianes débouchaient sur la mer. En fait, cette urbanisation instaura malheureusement un clivage entre les nouveaux quartiers riches et la vieille maure.

Pendant de brèves périodes, Palerme fut soumise aux Savoie (1713 - 1718) et au Autrichiens (1720-1735)

Enfin, ce fut le tour de la domination des Bourbons, à laquelle mit fin Garibaldi en 1860.

Le centre ville fut bombardé par les Alliés en 1943, et même si, par chance, les monuments sont restés à peu près conservés, le quartier, lui, est franchement délabré. La mafia ayant détourné les crédits alloués par Rome et la Communauté Européenne pour sa reconstruction, les Palermitains se sont tournés vers les banlieues.

Cependant, l'espoir renaît à Palerme depuis l'élection en 1993 de Leoluca Orlando, chef de file du parti antimafia qui voudrait restructurer une ville digne de ce nom.

 

Visite de la ville

Le grand carrefour des Quattro Canti, appelé aussi piazza Vigliena, centre de la ville baroque, partage Palerme en quatre quartiers avec un coeur légèrement excentré : le Ksar. Les quatre fontaines, adossées aux façades arrondies, symbolisent les quatre saisons. Elles sont surmontées de statues de rois et, à l'étage supérieur, de statues de saintes protectrices de la ville

Le corso V. Emanuele, nommé autrefois Cassaro, était l'artère principale qui, partant de la porta Nuova, descendait jusqu'à la porta Felice et croisait l'actuelle via Maqueda.

Au nord du corso, s'étend le Capo, d'architecture médiévale. A l'ouest de la via Maqueda et au sud du Corso, c'est l'albergheria. A l'est de la via Roma, entre le port de la Cala et San Domenico, vous avez le centre commerçant mais modeste de Vucciria. Enfin, au sud du corso, et à l'est de la via Roma, la Kalsa

Le Ksar

Ce quartier délimite le duomo et le palais de normands (en Arabe : ksar veut dire "château").

Pour vous y rendre, suivez à gauche la via V. Emanuele où vous verrez la façade de la chiesa S. Giuseppe dei Teatini qui abrite une statue de S. Gaetano.

Vous arriverez à la piazza Bologni, agrémentée dune statue de Charles Quint. Vous admirerez les palais baroques tout autour.

La chiesa S. Salvatore est entièrement revêtue de marbre à l'intérieur et dispose d'une coupole grandiose. Vous longerez la façade austère de la bibliothèque régionale pour atteindre la surprenante cathédrale qui se détache au-delà du grand jardin ouvert en 1452. Ses nefs, incrustées de noir et de blanc, avec leurs fausses arches, se découpent derrière le dôme. Elle fut construite en 1185 par l'archevêque anglais Gautier Offamilio, chancelier du roi de Sicile, sur l'emplacement d'une basilique, déjà transformée en mosquée par les arabes.

Vous serez surpris par la coupole rajoutée à la fin du XVIIIème siècle qui contraste avec la pierre ambrée, le porche sculpté et la décoration mauresque de la façade.

Faites le tour en passant par la façade principale, via Bonello, dotée d'un porrtail gothique et d'une porte en bronze moderne. Vous serez étonnés par ses deux tours reliées par des arcs en ogive à un curieux clocher refait au XIXème siècle. En contournant l'église, vous apercevrez les restes de la loggia dell'incoronata et arriverez au chevet du duomo, piazza Sett'Angeli, qui a conservé ses trois absides du XIIème siècle

Vous reviendrez dans le jardin et vous rentrerez par le portique monumental à trois arcades ogivales sur colonnes, avec un tympan orné d'une décoration sculptée de style gothique-catalan. Là, s'ouvre une splendide porte de bois de 1432 sur lequel se trouve une mosaïque du XIIème siècle chef-d'oeuvre de l'art gothico-aragonais

Porta Nuova

L'intérieur, remanié au XVème siècle est dépouillé, froid, mais d'une agréable fraîcheur.. Vous admirerez les trombeaux de rois normands de style romano-byzantin.

Ici repose Frédéric II, Constance d'Aragon, Henri IV, Roger II et sa fille Constance.

Dans le coeur, orné des statues des apôtres, vous avez de belles stalles gothiques de 1466, un trône épiscopal avec des mosaïques du XIIème siècle et un candélabre pascal normand.

Dans le transept, une chapelle abrite la châsse en argent de 400 kg qui renferme les restes de Sainte Rosalie.

Le trésor contient les manteaux de cour et la tiare d'or de Constance d'Aragon.

Rn face, un portail du XVIème siècle s'ouvre sur la sacristie d'où l'on accède à la chapelle qui abrite la Madona della Scala, oeuvre de Gagini.

Le sacristain peut vous faire visiter la crypte normande à deux nefs, divisée par des rangées de colonnes. Dans les absides sont conservés de nombreux sarcophages.

Sur le quatrième pilier de la nef, face à l'entrée latérale, admirez un bénitier à baldaquin.

Le musée diocésain du palais archiepiscopal, rue Bonello, qui présente des oeuvres de l'époque normande à nos jours est à visiter aussi.

Au sud du duomo se dresse le Palais des Normands construit au IXème siècle par les Arabes sur les ruines d'un fort romain et transformé en palais par Roger II au XIIème siècle.

De cet édifice il ne reste que la tour pisane où se trouve l'observatoire astronomique. La deuxième partie du palais est le siège du Parlement sicilien

Derrière les murs, se cachent de très beaux jardins où se développent orchidées, papyrus, figuiers banyans, balsamines, palmier nains

En traversant ces jardins, vous découvrirez la chapelle Palatine qui ouvre sur une magnifique loggia

Edifiée en 1132 par Roger II, c'est l'un des plus beaux joyaux de l'art arabo-normand où se retrouvent en parfaite harmonie les influences byzantines, arabes, normandes et siciliennes.

En visitant "ce bijou religieux rêvé par la pensée humaine et exécuté par des mains d'artistes" décrit par Maupassant, vous serez vous aussi "saisi comme en face d'une chose surprenante dont on subit la puissance avant de l'avoir comprise".

La parc Orléans, juste derrière le palais, dépend de la présidence du Parlement sicilien. Il est ouvert au public mais un panneau précise que les enfants doivent être accompagnés ! Ne soyez donc pas surpris si un petit Palermitain propose à l'étranger que vous êtes de l'adopter le temps d'une promenade !

Le Capo

Ce curieux quartier s'étend au nord du Ksar, entre la cathédrale et théâtre Massimo. Antique repaire de marchands d'esclaves, il a gardé une doteuse réputtion.

Il est vrais que que certaines rues, sales et sombres, ont un côté coupe-gorge. Pour vous dire : le Capo a servi de décor à un film sur le Liban dont le scénario se passait à Beyrouth en pleine guerre ! Il ne fait pas manquer, cependant, le marché aux puces, très animé et pittoresque !

Vous flânerez au marché et admirerez le plus beau monument du quartier : le monsatère de Sant(Agostino.

Regardez son délicat portail du XIIIème siècle, surmonté d'une rosace du XIVème siècle et n'héistez pas à rentrer pour voir l'intérieur décoré de stucs de Serpotta.

Les saintes représentées sont d'une réalisme extraordinaire ! En bas de nef, poussez la porte qui donne sur le cloître polychrome.

Albergheria

Ce quartier était fréquenté par les courtisans

 

 

 

 

 

 

 

 

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